Qu'est-ce que la transition énergétique et pourquoi est-elle essentielle?

Introduction

Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) souligne que, dans le cadre des scénarios analysant la contribution humaine au réchauffement récent, limiter l’augmentation moyenne de la température mondiale à 1,5 °C implique une réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre de 43 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2019 [1].

Ces constats s’inscrivent dans un contexte climatique complexe, où les scientifiques distinguent les variations naturelles du climat — présentes tout au long de l’histoire de la planète — et les changements observés depuis le milieu du XXᵉ siècle, auxquels les activités humaines contribuent de manière significative selon les données actuelles

Au Québec, bien que l’électricité soit presque entièrement produite à partir de sources renouvelables, environ la moitié de toute l’énergie consommée provient encore de combustibles fossiles [2]. Comment transformer nos systèmes énergétiques afin de réduire notre dépendance à ces sources tout en maintenant la stabilité économique et énergétique? Cet article propose une définition claire de la transition énergétique et explore des exemples concrets de technologies en développement.

Que signifie la "transition énergétique"?

Au-delà d'un simple changement technologique, la transition énergétique représente une transformation structurelle profonde de nos sociétés.

Elle se définit généralement comme le passage d’un modèle reposant principalement sur les combustibles fossiles vers un ensemble plus diversifié de sources d’énergie à faible empreinte carbone, incluant les énergies renouvelables. Cette évolution vise notamment à réduire les émissions de gaz à effet de serre attribuables aux usages énergétiques, tout en améliorant l’efficacité globale des systèmes et en soutenant des objectifs de sécurité énergétique à long terme.

Trois piliers fondamentaux structurent cette transition. Premièrement, la transformation du système de production énergétique implique le remplacement progressif des centrales thermiques alimentées au charbon, au pétrole ou au gaz naturel par des installations produisant de l'énergie renouvelable. Deuxièmement, l'amélioration de l'efficacité énergétique permet de réduire la quantité d'énergie nécessaire pour accomplir les mêmes tâches, que ce soit dans l'industrie, les transports ou les bâtiments. Troisièmement, le développement de la sobriété énergétique encourage des changements dans nos modes de vie et nos habitudes de consommation pour diminuer notre demande globale en énergie.

La transition énergétique comporte également d'importantes dimensions économiques et sociales. Elle représente un vecteur de création d'opportunités économiques et d'emplois dans les secteurs verts. Les investissements dans les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et les technologies propres stimulent l'innovation et génèrent une nouvelle économie durable. La transition renforce également la souveraineté énergétique des pays. En exploitant leurs propres ressources renouvelables locales – hydroélectricité, géothermie, énergie solaire, hydrogène géologique ou éolienne – les nations réduisent leur dépendance aux importations d'énergies fossiles et aux fluctuations des marchés internationaux, tout en créant de la richesse localement.

L'urgence climatique et le rôle central de l'énergie

L’évolution des systèmes énergétiques occupe une place centrale dans les discussions scientifiques sur les changements climatiques contemporains, sans pour autant exclure l’influence de mécanismes naturels à long terme.

Le sixième rapport d’évaluation du GIEC indique que les émissions de gaz à effet de serre issues des activités humaines constituent un facteur dominant du réchauffement observé depuis le milieu du XXᵉ siècle, tout en reconnaissant que le climat terrestre est influencé par des cycles naturels complexes [1]. Les objectifs de l’Accord de Paris s’appuient sur cette distinction afin de cibler les leviers d’action sur lesquels les sociétés peuvent intervenir.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), environ 60 % de l’approvisionnement énergétique mondial repose encore sur les combustibles fossiles — pétrole, gaz naturel et charbon [3]. Ces sources d'énergie traditionnelles demeurent les principales responsables des émissions de dioxyde de carbone. L'IEA souligne d'ailleurs dans son rapport Energy Technology Perspectives 2024 que l'électrification des usages énergétiques et le déploiement massif d'énergies renouvelables représentent des leviers essentiels pour atteindre les objectifs climatiques [4].

Source: IEA, Global Energy Review 2025 p.27

Technologies et exemples concrets de transition énergétique

Énergies émergentes à faible empreinte carbone

La transition énergétique se matérialise à travers diverses technologies et approches innovantes qui transforment déjà le paysage énergétique. Au Québec, plusieurs technologies d'énergies renouvelables sont déjà bien établies et constituent des piliers du système énergétique provincial. L'hydroélectricité demeure la solution privilégiée pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, fournissant la quasi-totalité de l'électricité québécoise [2]. L'énergie éolienne complète efficacement la production hydroélectrique, tandis que le solaire présente un potentiel croissant pour contribuer à la transition énergétique québécoise.

Au-delà de ces filières établies, plusieurs solutions émergentes font l’objet d’un intérêt croissant :

  • L’hydrogène, qu’il soit produit à partir d’électricité renouvelable ou extrait naturellement du sous-sol, représente un vecteur énergétique particulièrement utile lorsque l’électrification directe n’est pas possible. Il peut alimenter l’industrie lourde, le transport longue distance ou servir de stockage énergétique, soutenant ainsi une transition énergétique plus flexible et durable.

  • La géothermie offre un potentiel important pour la production d’électricité et la fourniture de chaleur à faible empreinte carbone. En exploitant la chaleur naturellement présente dans le sous-sol, elle fournit une énergie stable, prévisible et disponible en tout temps.

  • Les réacteurs nucléaires de nouvelle génération émergent comme une option crédible pour assurer une production énergétique stable et abondante à faible empreinte carbone. Plus compacts, plus sûrs et conçus pour minimiser les déchets, ces systèmes pourraient jouer un rôle clé dans l’intégration massive des énergies renouvelables intermittentes.

  • La biomasse forestière peut servir d’alternative dans des secteurs industriels où l’électrification demeure difficile. Issue de résidus forestiers, elle permet de produire de la chaleur ou des biocarburants renouvelables, contribuant ainsi à réduire la dépendance aux combustibles fossiles tout en valorisant des ressources locales abondantes et souvent sous-utilisées.

Captage et le stockage du carbone

Les technologies de stockage d'énergie jouent un rôle essentiel pour gérer l’intermittence caractéristique de certaines sources renouvelables comme l’éolien et le solaire, en permettant de stabiliser le réseau et d’assurer une alimentation fiable même lorsque la production fluctue. Cependant, pour les secteurs où l’électrification demeure difficile — tels que l’industrie lourde, la production de matériaux ou certaines applications minières et pétrochimiques — des solutions complémentaires sont nécessaires afin de réduire les émissions résiduelles.

C’est dans ce contexte que le captage et stockage du carbone (CSC) occupe une place stratégique. Cette technologie permet de capter le CO₂ directement à la source, puis de l’injecter profondément dans le sous-sol où il est emprisonné de manière permanente. Intégré à des pratiques comme le forage carboneutre, le CSC contribue à diminuer significativement l’empreinte carbone des opérations industrielles, notamment dans les secteurs extractifs où certaines émissions sont considérées comme inévitables.

En agrégeant captage, stockage géologique et innovations dans les techniques de forage, le CSC devient un levier puissant pour accompagner la transition énergétique, en particulier dans les régions où le potentiel géologique permet d’optimiser ces solutions à long terme.

Les pilliers invisibles de la transition énergétique

Le développement de ces technologies nécessite non seulement des infrastructures adaptées, mais également l’accès à des matériaux stratégiques souvent méconnus du grand public. Parmi eux, les minéraux critiques et les terres rares jouent un rôle incontournable dans la fabrication des technologies propres. Les batteries au lithium-ion des véhicules électriques, les aimants permanents des éoliennes et des moteurs électriques, ou encore les semi-conducteurs des panneaux solaires dépendent tous de ressources comme le lithium, le nickel, le cobalt, le graphite, le néodyme ou le dysprosium.

Ces matériaux constituent ainsi les piliers invisibles de la transition énergétique : sans eux, il serait impossible de déployer à grande échelle les solutions nécessaires pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles. Leur disponibilité, leur extraction responsable et la diversification des sources d’approvisionnement deviennent donc des enjeux stratégiques majeurs. C’est pourquoi l’exploration et la compréhension du potentiel géologique local — notamment au Québec — jouent un rôle clé pour soutenir une transition énergétique durable et sécurisée.

La transition énergétique au Canada et au Québec

Le Canada et le Québec occupent une place de premier plan dans la transition énergétique nord-américaine grâce à leurs stratégies ambitieuses et à leurs atouts naturels. Au niveau fédéral, le Conseil consultatif canadien de l’électricité a proposé des recommandations stratégiques pour guider la transformation du système énergétique national [5]. Le gouvernement du Canada vise par ailleurs la carboneutralité d’ici 2050, un objectif soutenu par divers programmes d’investissement et de réduction des émissions [5].

Le Québec, pour sa part, bénéficie d’un profil énergétique distinctif. Près de 100 % de son électricité provient de sources renouvelables, principalement de l’hydroélectricité, ce qui en fait l’un des réseaux les plus propres en Amérique du Nord [2]. Le Plan pour une économie verte 2030 poursuit cette trajectoire en fixant des cibles claires pour accélérer la transition [2]. Toutefois, un défi majeur demeure : environ 50 % de l’énergie totale consommée dans la province provient toujours de combustibles fossiles, en particulier dans les secteurs du transport et du chauffage [2]. La décarbonation de ces usages constitue donc l’une des priorités centrales des prochaines années.

Positionnement de Ressources et énergie Squatex

Ressources et Énergie Squatex est une entreprise québécoise qui oriente ses réflexions et ses projets d’exploration vers des ressources et des technologies susceptibles de soutenir, à long terme, l’évolution des systèmes énergétiques. Forte de plus de 20 ans d’expertise en géologie, l’entreprise s’intéresse notamment à l’hydrogène naturel, à la géothermie, aux minéraux critiques et aux approches de forage à faible empreinte carbone.

Ses travaux et études exploratoires visent à mieux comprendre le potentiel géologique associé à ces ressources, tant au Québec qu’à l’international. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de contribuer à la réflexion sur les solutions énergétiques de demain, sans présumer du développement ou de la mise en production future de projets spécifiques.

Conclusion

La transition énergétique s’inscrit dans une réflexion globale sur l’évolution des systèmes énergétiques face à des enjeux climatiques, économiques et géopolitiques complexes. Elle repose sur la transformation progressive des modes de production, l’amélioration de l’efficacité énergétique et une réflexion sur les usages et les besoins énergétiques.

Le succès de cette transition nécessite une action collective. Les gouvernements doivent établir des cadres réglementaires favorables et investir dans les infrastructures nécessaires. Les entreprises doivent innover, adopter des pratiques durables et développer les technologies propres. Et les citoyens sont encouragés à modifier leurs habitudes de consommation, soutenir les initiatives locales et participer activement aux discussions sur les projets énergétiques. Cette collaboration entre tous les acteurs de la société s'avère indispensable pour atteindre nos objectifs climatiques.

Au-delà de l'impératif climatique, la transition énergétique représente une opportunité économique majeure. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les investissements dans les énergies propres créent des emplois, stimulent l'innovation technologique et renforcent la compétitivité des économies qui s'engagent résolument dans cette voie. La transition constitue donc à la fois notre responsabilité collective envers les générations futures et une chance de bâtir une économie plus résiliente, durable et prospère.

Pour en découvrir davantage la transition énergétique, suivez Squatex sur LinkedIn.


Références

[1] GIEC. "Sixième rapport d'évaluation - Synthèse." Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, 2023. Web. https://www.ipcc.ch/report/ar6/syr/

[2] Gouvernement du Québec. "Sources d'énergies propres et renouvelables du Québec." Quebec.ca, 2024. Web. https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/energie/sources-energie/transition-energetique

[3] Agence internationale de l'énergie. "Global Energy Review 2025." AIE, 2025. https://iea.blob.core.windows.net/assets/5b169aa1-bc88-4c96-b828-aaa50406ba80/GlobalEnergyReview2025.pdf

[4] Agence internationale de l'énergie. "Energy Technology Perspectives 2024." AIE, 2024. Web. https://www.iea.org/reports/energy-technology-perspectives-2024

[5] Ressources naturelles Canada. "Conseil consultatif canadien de l'électricité - Document de travail." Gouvernement du Canada, juin 2024. PDF. https://natural-resources.canada.ca/sites/www.nrcan.gc.ca/files/energy/CoucilReport_june27_French_Web.pdf

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