Minéraux critiques : pourquoi les prix ont rebondi en 2025 et 2026?
Les prix des minéraux critiques ont connu un net rebond en 2025 et au début de 2026. Le cobalt a progressé d’environ 130 % et le lithium a plus que doublé au cours de cette période, dans un marché marqué par une demande soutenue, des contraintes d’offre et des restrictions commerciales accrues [3].
Ces mouvements mettent en lumière des enjeux plus larges liés aux chaînes d’approvisionnement, à la concentration du raffinage et à la croissance rapide de la demande pour les principaux minéraux liés au secteur énergétique [5]. Ils rappellent aussi l’importance de diversifier les sources d’approvisionnement et de développer de nouvelles capacités de production et de transformation pour répondre aux besoins futurs.
Points clés
Les prix des minéraux critiques ont rebondi en 2025 : le cobalt a progressé d'environ 130 %, le lithium a plus que doublé et le cuivre a atteint des niveaux records. [3]
La demande pour les principaux minéraux liés au secteur énergétique croît à près de 10 % par an. En 2025, le secteur énergétique a représenté environ 75 % de la croissance de cette demande [5].
La concentration du raffinage atteint un niveau record : le principal fournisseur représente en moyenne environ 70 % de la production raffinée des principaux minéraux énergétiques [5].
Les déficits d'approvisionnement en cuivre et en lithium devraient persister jusqu'en 2035 [3].
Les engagements de financement public pour les projets de minéraux critiques dans les économies avancées ont plus que quadruplé entre 2023 et 2025, atteignant environ 65 milliards USD [2].
Les facteurs à l'origine du rebond des prix
Le récent rebond des prix des minéraux critiques ne repose pas sur un seul facteur. Selon les marchés, il reflète une combinaison de demande soutenue, de contraintes sur l'offre et de nouvelles restrictions commerciales. L'ampleur et le calendrier des hausses varient donc sensiblement d'un minéral à l'autre, en fonction de leurs propres conditions de production et d'approvisionnement [3].
Des hausses contrastées selon les minéraux
Les évolutions observées en 2025 et au début de 2026 illustrent ces différences. Certains marchés ont surtout réagi à des restrictions d'approvisionnement, tandis que d'autres ont été influencés par la demande ou par des pertes de production :
Le cobalt a progressé d'environ 130 % au cours de cette période de rebond, principalement sous l'effet des restrictions à l'exportation imposées par la République démocratique du Congo (RDC) [3].
Le lithium a plus que doublé au cours du rebond observé en 2025 et au début de 2026, dans un contexte de forte demande pour le stockage d'énergie et d'offre contrainte [3].
Le cuivre a atteint des niveaux records. Son prix moyen était projeté à environ 9 700 USD/tonne en 2025, avant d'atteindre 12 000 USD/tonne en fin d'année, notamment en raison de pertes de production en Indonésie, en Australie et au Chili [4].
Les terres rares NdPr (néodyme-praséodyme) ont atteint environ 83 000 USD/tonne en Chine en décembre 2025, dans un marché notamment affecté par l'arrêt des exportations de MP Materials [4].
Le tungstène a connu une hausse particulièrement marquée, son prix ayant été multiplié par six dans le mouvement amorcé en 2024 et poursuivi en 2025 et au début de 2026, sur fond de nouveaux contrôles à l'exportation et de demande soutenue [3].
Tableau 1 — Évolution récente des prix de principaux minéraux critiques
| Minéral | Évolution | Facteur principal |
|---|---|---|
| Cobalt | +130 % | Restrictions à l'exportation de la RDC |
| Lithium | Plus que doublé | Demande stockage + offre contrainte |
| Cuivre | 12 000 USD/t (fin 2025) | Pertes de production (Indonésie, Australie, Chili) |
| NdPr (terres rares) | ~83 000 USD/t (déc. 2025) | Perturbations des échanges |
| Tungstène | ×6 | Restrictions à l'exportation |
Sources : IEA, Global Critical Minerals Outlook 2026 [3] ; BDO/International Women in Mining, Annual Mining Report 2026 [4]
Les restrictions à l'exportation comme accélérateur
Parmi les facteurs qui ont influencé ces marchés, les restrictions à l'exportation occupent une place croissante. Leur effet est particulièrement visible lorsque la production ou la transformation d'un minéral est concentrée dans un petit nombre de pays, puisqu'une modification des règles commerciales peut rapidement réduire les volumes accessibles aux autres marchés.
Depuis 2023, le nombre de produits minéraux visés par les contrôles chinois à l'exportation a triplé [5]. Ces mesures concernent notamment l'antimoine, le gallium, le germanium, le graphite, certaines terres rares et le tungstène, ainsi que des technologies associées aux chaînes de valeur des batteries [5]. La RDC a également instauré des restrictions puis un quota d'exportation sur le cobalt, ce qui a contribué à faire apparaître un déficit d'approvisionnement projeté pour ce minéral [3]. Ces épisodes montrent comment des décisions prises dans quelques grands pays producteurs peuvent modifier rapidement les conditions d'offre sur les marchés mondiaux [3].
La demande tirée par la transition énergétique
Les contraintes d'offre ne suffisent pas à expliquer les tensions observées sur les marchés. La demande en minéraux liés à la transition énergétique continue elle aussi de progresser rapidement. En 2025, le secteur énergétique a représenté en moyenne environ 75 % de la croissance de la demande pour les principaux minéraux énergétiques [5]. Cette évolution accompagne le déploiement croissant de technologies qui nécessitent d'importantes quantités de matériaux minéraux.
Le marché des batteries en donne une illustration particulièrement nette. La demande mondiale a augmenté de plus de 35 % en 2025, dépassant 1,5 TWh, tandis que le stockage stationnaire s'est imposé comme un moteur de croissance supplémentaire [5]. Dans ce contexte, la demande en lithium a progressé d'environ 25 % par an en moyenne au cours des deux dernières années [5]. D'autres minéraux sont également mobilisés dans les réseaux électriques, les éoliennes, le photovoltaïque et les aimants permanents.
Cette tendance devrait se poursuivre à plus long terme. Selon l'IEA, la demande en minéraux critiques pourrait presque doubler d'ici 2040 dans le scénario des politiques annoncées [2]. L'IRENA souligne également que les applications liées à la transition énergétique devraient occuper une part croissante de la demande pour plusieurs matériaux.
Pour aller plus loin : "Terres rares et transition énergétique : les matériaux qui alimentent la révolution verte"
Concentration géographique et risques d'approvisionnement
La concentration géographique de la production et du raffinage des minéraux critiques atteint des niveaux records en 2025, amplifiant les effets des restrictions à l'exportation et des tensions géopolitiques.
La part moyenne du premier fournisseur mondial dans le raffinage des minéraux énergétiques a atteint 70 % en 2025, contre 68 % en 2020. [5] L'Indonésie (pour le nickel) et la Chine (pour la quasi-totalité des autres minéraux énergétiques clés) ont représenté ensemble plus des trois quarts de la croissance totale de l'offre entre 2023 et 2025. [5] La Chine contrôle par ailleurs plus des trois quarts de la capacité mondiale de prétraitement des batteries et 90 % de la capacité de récupération des matériaux. [5]
Conclusion
Le rebond observé en 2025 et au début de 2026 rappelle que les marchés des minéraux critiques restent sensibles aux variations de l'offre, à la croissance de la demande et aux décisions commerciales des principaux pays producteurs. Le cobalt a progressé d'environ 130 % et le lithium a plus que doublé au cours de cette période, tandis que le cuivre a atteint des niveaux records [3][4]. À plus long terme, l'IEA prévoit que la demande en minéraux critiques pourrait presque doubler d'ici 2040 dans le scénario des politiques annoncées [2].
Dans ce contexte, la diversification des chaînes d'approvisionnement demeure un enjeu important pour les secteurs énergétiques et industriels. Pour des juridictions comme le Canada et le Québec, qui disposent de ressources minérales et de projets à différents stades de développement, l'évolution de ces marchés soulève à la fois des questions d'approvisionnement, de transformation et de positionnement dans les chaînes de valeur. Ce sont des dynamiques que Squatex continue de suivre dans le cadre de ses activités et de sa veille sectorielle.
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Références
[1]: International Energy Agency. “Supply Concentration, Export Restrictions and Declining Investment Put Critical Mineral Security at Risk.” International Energy Agency, 16 July 2026, https://www.iea.org/news/supply-concentration-export-restrictions-and-declining-investment-put-critical-mineral-security-at-risk.
[2]: “Critical Mineral Demand Grows Strongly despite Investment Decline: IEA.” Xinhua, 16 July 2026, https://english.news.cn/20260716/fb1fc7fd6553413db2ade6639bb8618c/c.html.
[3]: “Critical Mineral Concerns Shift from Meeting Demand to Securing Supply Chains: IEA.” Asian News International, 17 July 2026, https://www.aninews.in/news/business/critical-mineral-concerns-shift-from-meeting-demand-to-securing-supply-chains-iea20260717145754.
[4]: BDO LLP. Annual Mining Report 2026: An Inflection Point for the Industry: Critical Minerals, Sustainability and Innovation. 5 Feb. 2026, https://internationalwim.org/wp-content/uploads/2026/05/NRE-Report-BDO-Annual-Mining-Report-2026.pdf.
[5]: International Energy Agency. “Market Overview.” Global Critical Minerals Outlook 2026, 16 July 2026, https://www.iea.org/reports/global-critical-minerals-outlook-2026/market-overview.
[6]: International Energy Agency. “Supply Concentration, Export Restrictions and Declining Investment Put Critical Mineral Security at Risk.” Global Renewable News, 11 Aug. 2026, https://globalrenewablenews.com/article/energy/category/climate-change/82/1211703/supply-concentration-export-restrictions-and-d.

